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Historique & Travaux .

La Période de construction

L’Histoire ne fournit pas d’autre exemple d’une région aussi obstinément ravagée par la guerre que ne l’ont été les Pays-bas catholiques depuis le règne de Philippe II jusqu’à la paix d’Utrecht. Guerre civile tout d’abord, puis guerre au nord contre la République des Provinces-Unies et guerre au sud contre la France.
Les guerres, « comme une tragédie bien conduite », reprennent avec redoublement de fureur après chacun des entractes qu’y introduisent les traités : Pyrénées, Aix-la-Chapelle, Nimègue, Ratisbonne et Ryswyk.
Durant les 65 ans qui s’écoulent du traité de Munster à celui d’Utrecht, la paix est un état exceptionnel et anormal. (Pirenne : Histoire de Belgique).

La principauté de Chimay supporte passivement, comme le reste du Hainaut, les calamités qui s’abattent sur elle ; elle accepte son sort. Au commencement de chaque année, elle s’attend à voir la guerre revenir avec le printemps, trop heureuse si la conclusion d’un traité lui permet de respirer un instant et de panser ses plaies.

Soumis aux exactions de ses puissants voisins, étouffé par eux, exposé sans défense à toutes leurs prétentions et évidemment destiné à servir d’enjeu à leurs querelles, au milieu des pires calamités de la guerre, le pays sera fatalement entraîné dans la décadence et exposé à tous les coups que lui porteront ses ennemis.

Pas la moindre marque de bienveillance à l’égard des malheureuses populations condamnées à cette guerre perpétuelle de plus en plus désastreuse.

Sous le règne des archiducs Albert et Isabelle, l’éclat des arts, les maigres efforts tentés pour ranimer le commerce et l’industrie dissimulent les symptômes de la décadence économique et politique. Durant des années, le déclin est aussi général que lamentable ; l’appauvrissement, l’incertitude du lendemain, les désastres des guerres tarissent toutes les sources de vitalité du pays.

Les terres n’étaient plus cultivées, les maisons tombaient en ruines, la population ne vivait que pour se soustraire aux persécutions et se dérober aux brigandages d’une soldatesque effrénée.

Cette sombre période de notre Histoire a été, à juste titre, nommée « le siècle de malheur », ces malheurs du temps qui vont conditionner l’architecture simple et sobre de ligne, mais complexe de plan, économique et surtout défensive du Château-Ferme de Macon.


Description sommaire du monument

Les châteaux-fermes ne sont pas comparables aux nobles châteaux qui leur sont contemporains. En fait, ce ne sont que de grosses maisons que leur ampleur distingue immédiatement, aujourd’hui encore, des habitations villageoises, et qui avaient le privilège d’être édifiées en matériaux durables au milieu de masures souvent en torchis avec toits de chaume.

L’idée de château-ferme évoque souvent des défenses redoutables. A dire vrai, notre château-ferme en imposait davantage par son aspect, par ses allures pseudo-militaire que par l’efficacité opérationnelle de ses défenses. Au moment même de la construction, les éléments fortifiés sont déjà insuffisants, voire démodés.

Aux confins de l’Avesnois et de la Thiérache, à flanc de coteau de la verdoyante vallée de l’Helpe, au cœur du village de Macon, le château-ferme, massive construction en pierre bleue locale, se développe dans un vaste quadrilatère de 45 mètres de côté.

Construit en 1616 par le maître de forge Nicaise Poschet et sa femme Jacqueline du Moustier, ainsi qu’en attestent les ancrages de fer forgé qui parent la façade principale, l’architecture en est relativement complexe et conforme aux difficultés du temps.

A l’aube du «siècle de malheur », la région frontalière est peu sûre; Chimay sera assiégée six fois en quelque vingt années. Les pillards, les bandes armées, la soldatesque dictent à l’époque la nécessité de la construction d’une « maison forte ».

Les éléments dominants sont le corps de logis principal et la tour d’angle Nord-Est.
Cette tour massive répond à deux paramètres essentiels : la sécurité et l’habitat, le tout couronné d’une importante symbolique de « hauteur ». La composition en est classique, la bâtisse sur plan quadrangulaire dispose de solides murailles (plus d’un mètre d’épaisseur) et de peu d’ouvertures, en particulier au bas. Le niveau d’assise assez trapu est couvert d’une voûte en berceau ; robuste, il résiste aux assauts ; frais et sombre, il sert au stockage des provisions. On y descend depuis le haut au moyen d’échelles intérieures. En effet, l’accès coutumier de la tour s’opère par une passerelle volante depuis le dernier étage du corps de logis principal et devait servir de dernier refuge si ce dernier devait être envahi par l’ennemi. La forme même de la tour carrée adoptée a pour modèle les donjons romans du XIIème siècle. Cependant, même l’épaisseur des murs ne lui donne pas les qualités de résistance de ces vénérables donjons car l’art des fortifications à fait de grand progrès ; l’usage des armes à feu s’est répandu et les larges murs n’offraient guère de protection devant une troupe possédants un peu d’artillerie. Les meurtrières et les canonnières pour armes portatives, apparaissent d’avantage comme dissuasives et symboliques plutôt que comme une défense efficace.
Le corps de logis proprement dit rassemble sous une façade unique diverses constructions du XVIème siècle. Le rez-de-chaussée servait de magasin au maître des lieux ; l’étage d’appartement de résidence. Détaché de la tour à l’origine, le corps de logis fut modifié et engloba la tour à la fin du XVIIIème siècle. Les battées pour les volets des baies principales permettent de deviner l’importance des volets de chênes bardés de fer ; ces baies sont doublées depuis l’origine par diverses meurtrières ou bouches à canon.

Les communs pour une domesticité nombreuse, aujourd’hui bergerie, la monumentale grange comportant la maréchalerie, les écuries, les étables, le chartil et les greniers, avec les ateliers indispensables à une vie en autarcie, complètent cet ensemble et lui donne un aspect quelque peu rébarbatif et dissuasif.

La masse de pierre, carrée, impressionnante, ne présentait que des ouvertures de défenses vers l’extérieur au rez-de-chaussée ; seul l’étage disposait de fenêtres dignes de ce nom pour l’éclairage et l’aération des appartements du maître des lieux.

Bien qu’inefficaces devant une troupe bien armée, ces défenses n’étaient pas que factices. Elles devaient protéger les habitants contre les incursions des bandes de rôdeurs, contre ce danger si fréquent à l’époque des soldats mal payés ou de déserteurs vivant de leurs rapines. De bons et solides murs, la possibilité de tirer par les diverses ouvertures destinées à cet effet, devaient écarter ces visiteurs indésirables et les dévier vers des proies plus accessibles et faciles. Plutôt que par l’attaque, c’est en se terrant, que ces propriétaires se défendaient, ne bougeant plus et attendant passivement que le danger s’estompe. La maison forte n’est destinée qu’à abriter le propriétaire et sa famille et non la collectivité du village. Celle-ci se défend, comme elle peut, dans l’église, autre bâtiment en pierre, souvent fortifiée en Thiérache.

L’an 1749, le Comte Nicolas-Louis de Lespine, descendant par alliance de Nicaise Poschet vendit sa « maison forte » de Macon. Le monumental ensemble démantelé, le bâtiment principal devint auberge ; les annexes, ateliers de sabotiers et de tisserands. C’est au début du XXème siècle que le tout réadapté, devint exploitation agricole.

La commune de Momignies a fait l’acquisition de ce superbe témoin, l’a restauré avec un grand souci du respect du patrimoine et de son histoire, en maintenant autant que possible les plafonds d’origine, les carrelages, les cheminées, les portes, placards, etc.

Subdivisé en quatorze appartements de caractère mais avec le plus grand confort, le château-ferme a été affecté dès l’été 2004 à l’hébergement pour touristes.


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Last update of this page: 2-5-2005




Château-Ferme de Macon
9, place Yvon Paul
6591 Macon - Belgique

Tél : + 32 (0)60 45 90 90
Fax : + 32 (0)60 45 90 91
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